Lot n°0015

- Rarissime collection complète.- L'Argus de l'Europe. Ouvrage historique, politique, critique ; où l'on dévelope les intérêts et les maximes des souverains, qui après la mort de l'Empereur Charles VI sont entrez en Guerre avec son Auguste Fille Marie Thérèse Reine de Hongrie et Grande Duchesse de Toscane. Par M.G... de F... Docteur en médecine [J. Gautier de Faget]. Amsterdam, Henri Boussière, 1743, 3 vol. in-12, [10]-240 p. (nos 1-30) ; [4] p., pp. 241-480 (nos 31-60), et [8] p., pp. 481-800 (nos 61-100), pleine basane brune de l'époque, dos à nerfs décorés (reliures frottées, coiffes et coins usés). La revue est datée dès le 3e numéro (1er mars [1742]) jusqu'au numéro 100 (4 février [1743]). « L'Argus » se propose de porter ses cent yeux sur toute l'Europe et de parler au nom du « sens commun ». Dans cette « revue oculaire », tous les pays et tous les grands personnages historiques apparaîtront sous des formes allégoriques : l'Empereur (l'aigle), le roi de France (le coq), le roi d'Angleterre (le Grand Triton), la Russie (l'ourse), l'Autriche (l'autruche), etc. Dans ses « conjectures », l'auteur affirme précéder les gazettes, dont il use d'ailleurs abondamment. Son intérêt se porte essentiellement sur la situation de l'Empire au lendemain de la Diète de Francfort, sur la politique extérieure de la France, qu'il critique vivement, sur le système parlementaire d'Angleterre, qu'il loue à plusieurs reprises. Il s'oppose fréquemment à Rousset de Missy, qu'il cherche à concurrencer et dont il critique le « Magasin des événements » (1741-1742) puis « L'Épilogueur politique, galant et critique », dont il signale l'apparition. Contre les politiques de métier, Faget défend le point de vue du « sens commun » mais tombe souvent dans l'allégorie laborieuse et développe assez confusément un rêve de grande confédération germanique. « L'Argus de l'Europe » est un des nombreux pamphlets politiques engendrés par la guerre de Succession ; il prend place entre « L'Espion turc à Francfort » de Francheville et « l'Espion chinois » de Dubourg. Faget se range délibérément du côté de Marie-Thérèse dont il défend les alliés (l'Angleterre, la Hollande, la Russie) et dont il attaque les adversaires (la France et l'Espagne en particulier) ; il n'est pas impossible qu'il ait été, comme plus tard Dubourg, stipendié par les partisans de Marie-Thérèse (d'après « Le Dictionnaire des journaux » de l'Institut des Sciences de l'Homme mis sur le Net). Le site fait terminer la revue au 60e numéro (2 vol. datés de 1742 avec un frontispice), alors que la revue parait bien jusqu'au 100e et dernier numéro.
Estimation: 300/400€
Adjugé: 420€